Élodie MoreauVIEW PROFILE →
LVMH renoue avec la croissance au deuxième trimestre 2026, portée par Dior et Louis Vuitton
Le géant français du luxe LVMH a publié des résultats semestriels solides pour 2026. La division mode et maroquinerie est repartie à la hausse au deuxième trimestre, tandis que le renouveau créatif chez Dior et Celine suscite de grands espoirs.
Après plusieurs trimestres de ralentissement, le secteur du luxe montre enfin des signes de reprise. Le groupe français LVMH, numéro un mondial du secteur, a publié des résultats semestriels pour 2026 qui traduisent une amélioration nette de la tendance. La deuxième partie de l année s ouvre avec un optimisme prudent, alors que les investisseurs guettent la confirmation de ce redressement encore fragile mais bien réel.
Un chiffre d affaires en légère baisse
Sur l ensemble du premier semestre 2026, LVMH a enregistré un chiffre d affaires de 38,6 milliards d euros. En données publiées, cela représente un recul de 3 pour cent par rapport à la même période de l année précédente, mais la croissance organique ressort en réalité positive, à hauteur de 2 pour cent. Le résultat opérationnel courant s est établi à 8,69 milliards d euros, en baisse de 4 pour cent.
Le bénéfice net part du groupe est resté quasiment stable, à 5,69 milliards d euros, ce qui témoigne d une bonne maîtrise des coûts dans un contexte difficile. Le groupe a toutefois subi un vent contraire lié aux taux de change, dont l effet défavorable a amputé le résultat opérationnel courant de 686 millions d euros sur la période, un facteur externe non négligeable pour un acteur aussi international.
Une accélération au deuxième trimestre
Le point le plus encourageant du semestre réside dans la dynamique du deuxième trimestre. Sur cette période, le chiffre d affaires a atteint 19,52 milliards d euros, en progression organique de 3 pour cent, un chiffre qui grimpe même à 4 pour cent si l on exclut l impact du conflit au Moyen-Orient. Cette accélération marque un contraste net avec le début d année, plus poussif, et nourrit l espoir d une reprise durable.
La mode et la maroquinerie renouent avec la croissance
La division phare du groupe, la mode et la maroquinerie, a réalisé un chiffre d affaires de 18,14 milliards d euros au premier semestre, en repli de 5 pour cent en données publiées. Son résultat opérationnel s est élevé à 6,19 milliards d euros, en baisse de 7 pour cent. Mais l essentiel se joue ailleurs, car après un recul organique de 2 pour cent au premier trimestre, la division a renoué avec une croissance de 1 pour cent au deuxième.
Ce retour à la croissance organique constitue le premier depuis près de deux ans pour ce pôle stratégique. Selon la direction, les maisons Louis Vuitton et Dior ont toutes deux amélioré leurs performances au deuxième trimestre, Dior repassant en territoire positif. Louis Vuitton a par ailleurs célébré le 130e anniversaire de sa toile Monogram, avec des réinterprétations de modèles emblématiques comme le Speedy, le Keepall ou le Neverfull.
Le renouveau créatif au premier plan

Au-delà des chiffres, l année 2026 est marquée par un vaste renouvellement créatif. Chez Christian Dior, le nouveau directeur artistique Jonathan Anderson a signé ses premières collections, saluées par la direction comme un excellent début. Son sac baptisé Cigale a notamment été qualifié de succès majeur, un signal fort pour une maison qui cherche à raviver sa désirabilité auprès d une clientèle mondiale exigeante.
Les autres maisons du groupe ne sont pas en reste. Michael Rider a présenté sa première collection masculine pour Celine, tandis que Maria Grazia Chiuri a dévoilé sa première collection à la tête de Fendi. Chez Givenchy, Sarah Burton poursuit son travail, et chez Loewe, le duo formé par Jack McCollough et Lazaro Hernandez insuffle ce que la direction décrit comme un nouvel élan créatif prometteur.
Les autres divisions confirment leur solidité
En dehors de la mode, plusieurs activités ont brillé. La division montres et joaillerie a affiché une croissance organique de 9 pour cent sur le semestre, portée par une accélération à 11 pour cent au deuxième trimestre, pour un chiffre d affaires de 5,22 milliards d euros et un résultat de 831 millions. La distribution sélective, qui comprend Sephora, a progressé de 5 pour cent, avec des ventes de 8,40 milliards d euros.
Du côté des vins et spiritueux, la croissance organique a également atteint 5 pour cent, avec un résultat opérationnel courant de 582 millions d euros, en hausse de 11 pour cent. Seule la division parfums et cosmétiques est restée stable, avec un chiffre d affaires de 3,91 milliards d euros. Cette diversité des métiers constitue l un des grands atouts du modèle économique de LVMH face aux aléas.
Dynamique régionale et gouvernance
Sur le plan géographique, la reprise s est appuyée sur plusieurs marchés. La demande aux États-Unis a accéléré tout au long du semestre, l Asie hors Japon a montré une tendance en amélioration, le Japon a affiché une croissance sur six mois et l Europe a bien résisté. La valeur nette comptable des marques du groupe s élevait à 21,2 milliards d euros au 30 juin 2026, un actif considérable.
Enfin, la structure de contrôle du groupe reste solidement ancrée autour de la famille Arnault, qui détient 50,21 pour cent du capital et 66,39 pour cent des droits de vote. Parmi les mouvements récents du portefeuille, le groupe a conclu en mai 2026 un accord de cession de la marque Marc Jacobs à WHP Global, illustrant une gestion active de ses actifs dans un environnement de marché toujours incertain.






