Élodie MoreauVIEW PROFILE →
LVMH renoue avec la croissance : la mode du géant du luxe repart après deux ans de baisse
Au deuxième trimestre 2026, la division mode et maroquinerie de LVMH progresse de nouveau (+1 % organique), sa première hausse depuis deux ans. Un signal fragile mais très attendu pour tout le luxe français.
Après deux ans de disette, le premier groupe mondial du luxe retrouve des couleurs. Au deuxième trimestre 2026, la division mode et maroquinerie de LVMH — la plus importante du groupe — a renoué avec la croissance, avec une hausse organique de 1 %. C'est sa première progression depuis le deuxième trimestre 2024, après sept trimestres consécutifs de recul. Un chiffre modeste, mais que tout le secteur attendait.
Vuitton et Dior repassent dans le vert
Dans le détail, les deux maisons phares du groupe, Louis Vuitton et Dior, sont repassées en territoire positif au deuxième trimestre. Comme ce sont elles qui pèsent le plus lourd dans les ventes, leur redressement suffit à faire basculer toute la division. Après des mois durant lesquels même les marques les plus puissantes marquaient le pas, le signal est autant psychologique qu'économique pour l'ensemble de l'industrie.
Sur l'ensemble du premier semestre, le tableau reste toutefois nuancé. Le chiffre d'affaires du groupe atteint 38,6 milliards d'euros, en hausse organique de 2 %. Mais la mode et la maroquinerie, à 18,1 milliards, reculent encore de 1 % en organique et de 5 % en données publiées, plombées par un effet de change défavorable. Autrement dit, le rebond du deuxième trimestre est réel, mais encore fragile.
Une rentabilité qui tient bon
Malgré ce contexte, la rentabilité du groupe reste impressionnante : la marge opérationnelle s'établit à 22,5 %, un niveau élevé qui témoigne d'une gestion serrée des coûts. C'est l'un des grands atouts du modèle du luxe : même lorsque les ventes ralentissent, les marges restent solides, ce qui permet aux grandes maisons de continuer à investir dans leurs boutiques, la création et le marketing sans se fragiliser.
La géographie de cette reprise est tout aussi scrutée. Les États-Unis et l'Asie ont soutenu la croissance du semestre, tandis que la demande chinoise, moteur historique du luxe, reste surveillée de près après deux années difficiles. La solidité du rebond dépendra en grande partie de la capacité de ces marchés à reprendre durablement le chemin des achats dans les mois qui viennent.
Un signal pour tout le secteur
Parce que LVMH sert de baromètre à l'ensemble de l'industrie, ses résultats sont scrutés bien au-delà de ses propres murs. Un retour à la croissance chez le leader nourrit l'espoir que le creux de la vague soit passé pour le luxe mondial, y compris pour les groupes concurrents en pleine restructuration. Mais les analystes appellent à la prudence : un seul trimestre positif ne fait pas encore une tendance installée.
Reste donc à confirmer l'embellie. Si la dynamique du deuxième trimestre se prolonge lors de la cruciale saison des fêtes, 2026 pourrait bien marquer le tournant tant espéré après une longue traversée du désert. Pour l'heure, le luxe français retient son souffle : la croissance est de retour, mais elle demande encore à s'installer dans la durée.






